Federer, coach idéal d’Alcaraz ? Wilander y croit

Mats Wilander estime que Roger Federer serait le coach parfait pour Carlos Alcaraz, après la fin de la collaboration entre l’Espagnol et Juan Carlos Ferrero. Sur TNT Sports, le Suédois s’est dit comme tout le monde surpris par cette séparation, et qu’ils paraissaient parfaits l’un pour l’autre. Mais il est convaincu qu’Alcaraz est désormais assez mûr pour avancer avec un coach différent.

Pour l’ancien champion suédois, l’Espagnol gagnerait à s’entourer d’une voix d’un ancien vainqueur de Grand Chelem au style différent de celui de Ferrero — et selon lui, Federer coche toutes les cases. Wilander pense que le Suisse pourrait aider Alcaraz sur les aspects de jeu où il est moins à l’aise, faisant de lui le coach “parfait” pour l’avenir.

Reste à savoir si le Suisse est prêt à revenir jouer les premiers rôles sur le circuit, mais cette fois dans les tribunes.

(via TNT Sports)

Les leçons de l’US Open 2022

us open 2022 3 sets gagnants Alcaraz Swiatek

L’édition 2022 de l’US Open vient de se terminer, et l’heure est venue de tirer les premières conclusions de la quinzaine new-yorkaise.

Alcaraz brûle encore les étapes

Difficile de ne pas commencer cette liste sans parler du vainqueur masculin. A tout juste 19 ans, Carlos Alcaraz a réalisé un coup double historique en remportant son premier Grand Chelem et en atteignant la place de numéro un mondial pour la première fois de sa carrière.

S’il n’a pas eu à disposer de joueurs du top 10 avant la finale, son parcours n’a pour autant pas été un fleuve tranquille. En témoigne son nombre d’heures passées sur les courts : 23 heures et 39 minutes, un record en Grand Chelem depuis le début de l’ère Open.

Son match marathon en quarts de finale contre Jannik Sinner a largement contribué à gonfler ce chiffre, et montre aussi que Carlos Alcaraz n’a pas dominé cet US Open 2022. En sauvant une balle de match face à l’italien, il a dû davantage puiser dans ses capacités physiques et mentales que dans son jeu pour vaincre ses adversaires.

Ce premier grand succès en Grand Chelem va avoir un rôle déterminant dans la suite de la carrière du protégé de Juan Carlos Ferrero, et va lui permettre de travailler sereinement sur de nouveaux axes de progression. “Carlito” a largement dépassé toutes les attentes qui reposaient sur lui en début d’année. Son objectif principal de saison étant de remporter un tournoi de catégorie 500…

Swiatek, réelle patronne du tennis féminin

Malgré une saison 2022 remarquable – marquée par une série record de 37 victoires d’affilée – Iga Swiatek ne faisait pas office de grande favorite pour le titre à New-York. Un été en demi-teinte et une marge de progression sur surface dure en étaient les principales raisons.

Si la numéro une mondiale a facilement disposé de ses adversaires en première semaine, elle a dû s’extirper de situations plus compliquées dès les huitièmes de finale. Elle perd un set à ce stade de la compétition face à Jule Niemeier et un autre en demi contre Aryna Sabalenka.

En s’imposant en 2 sets en finale face à Ons Jabeur, Iga Swiatek confirme son statut de numéro une mondiale, qu’elle occupe depuis la retraite d’Ashleigh Barty en mars dernier. C’est aussi la première fois depuis 2016 qu’une joueuse remporte 2 Grand Chelem en une saison (Angelique Kerber à l’Open d’Australie et à l’US Open). Plus qu’un titre, cet US Open représente une réelle prise de pouvoir d’Iga Swiatek sur le circuit féminin.

Kyrgios a-t-il manqué la chance de sa vie ?

“Qu’est-ce que je peux faire de plus? J’ai essayé de m’investir à fond, je me suis engagé à 100% pendant ces 2 semaines. C’est beaucoup à supporter mentalement”. Ces mots prononcés par Nick Kyrgios après sa finale perdue à Wimbledon face à Novak Djokovic illustre bien ce que représente une victoire en Grand Chelem. Pourtant, si la désillusion était grande en juillet dernier pour le natif de Canberra, il n’aurait pu imaginer un meilleur scénario avant de disputer son quart de finale de l’US Open 2022.

En effet, à ce stade de la compétition, l’Australien était tout simplement devenu le favori des bookmakers pour le titre. Après les éliminations de Medvedev et de Nadal en huitièmes, il ne restait plus de vainqueur de Grand Chelem en compétition. Et seuls 3 des 8 quarts de finaliste avaient déjà disputé une finale de Grand Chelem, à savoir Casper Ruud, Matteo Berrettini et Nick Kyrgios lui-même.

Alors quand ce dernier perd en quarts face à Karen Khachanov en 5 sets très accrochés, on peut penser qu’il a manqué sa plus belle opportunité de gagner un tournoi du Grand Chelem. En conférence de presse, la déception était grande chez Kyrgios, mais il a souligné l’importance que revêtait ce type de tournoi.

Après des années difficiles sur le circuit professionnel, cette saison semble avoir eu un impact considérable sur l’état d’esprit et le mental de Kyrgios. Son attitude ainsi que sa communication montrent qu’il peut maintenant capitaliser sur ses récentes victoires pour remporter un titre majeur.

L’US Open 2022 : le dernier tournoi de Serena ?

L’événement de cet US Open était déjà connu avant même que les premiers tours ne débutent. En annonçant sa retraite imminente en août dernier dans le magazine Vogue, Serena Williams avait affolé la planète tennis. Les spectateurs se sont rués sur les dernières places disponibles pour la première semaine du tournoi, et les revendeurs ont pu spéculer sur leurs précieux billets.

Personne ne voulait rater le dernier match de la star américaine, que ce soit en tribune ou à la télévision. Pour son dernier premier tour à l’US Open, tous les éléments étaient réunis pour un spectacle dépassant le tennis. En témoigne la tenue pailletée de Serena, ou encore la cérémonie qui s’est tenue suite à sa victoire.

Mais son parcours en a surpris plus d’un, en se hissant au troisième tour après avoir éliminé la numéro 2 mondiale. Serena Williams a sûrement elle-même été surprise par ses performances, et on doute que ces victoires – et même sa défaite en trois sets face à Alja Tomljanovic – ont ravivé son envie de compétition.

Il est donc difficile d’affirmer qu’on ne reverra plus la joueuse américaine sur le circuit professionnel. Elle-même a affirmé son souhait de rester vague sur la suite de sa carrière, ainsi que sur une éventuelle nouvelle participation à l’US Open. En témoigne également son passage dans l’émission de Jimmy Fallon, où elle se verrait bien suivre les traces de Tom Brady.

 

Crédit photo,  Constantin

Evonne Goolagong fête ses 70 ans

Evonne Goolagong 70 ans Wimbledon

Septuple vainqueur en Grand Chelem, Evonne Goolagong fête aujourd’hui ses 70 ans. Si les fans de tennis d’aujourd’hui ne connaissent pas son nom, elle fut pourtant une des premières grandes joueuses de l’ère Open.

Evonne Goolagong, coincée entre 2 générations

La joueuse australienne qui souffle sa soixante-dixième bougie aujourd’hui compte un des palmarès les plus étoffés du tennis moderne. Avec 7 victoires en Grand Chelem – dont 4 à l’Open d’Australie – elle est à la même hauteur de Justine Hénin et de Venus Williams.

Mais sa prestigieuse carrière est quelque peu éclipsée par les joueuses auxquelles elle doit faire face. En effet, lorsque Evonne Goolagong se lance sur le circuit, sa compatriote Margaret Court et l’américaine Billie Jean King dominent alors le circuit féminin.

Elle se fait néanmoins une place en remportant son premier Grand Chelem en France à Roland Garros, dans un tableau relativement ouvert. Elle confirme son entrée dans l’élite du tennis en remportant le mois suivant son premier Wimbledon face à Margaret Court.

Malgré de nombreuses finales en Grand Chelem – elle en dispute 18 au total – elle doit attendre presque 3 ans pour soulever l’Open d’Australie, face à une joueuse de la nouvelle génération : Chris Evert. Cette dernière sera avec Martina Navratilova le plus grand obstacle d’Evonne dans la seconde partie des années 70.

Une joueuse symbole d’un tennis professionnel nouveau

En disputant son premier Open d’Australie en 67, Evonne Goolagong a effectue la quasi-totalité de sa carrière sous l’ère Open. Son jeu était d’ailleurs proche du jeu actuel sur le circuit, à savoir un jeu en fond de court avec peu de service-volée (qui était la norme à l’époque).

Si le tennis était bien professionnel à cette époque, il subsistait cependant quelques zones grises dans son organisation. Evonne Goolagong, ainsi que Jimmy Connors en font les frais lors de Roland Garros 74. Philippe Chatrier, alors président de la Fédération Française de Tennis, décide de les exclure de la compétition car ces joueurs participaient au World Team Tennis.

Ce circuit parallèle garantissait des dotations importantes à ses participants, et était perçu comme une compétition concurrente par certains Grand Chelem. Privée seulement de l’édition de 74, Evonne Goolagong ne retournera cependant pas à la Porte d’Auteuil avant 83, année où elle se retire du circuit.

Une reconnaissance tardive

Face à une rude concurrence pendant toute sa carrière, Evonne Goolagong n’a pas été sous les feux des projecteurs comme l’ont pu l’être ses plus grands adversaires. L’attribution de sa place de numéro une mondiale en 2007 – 24 ans après la fin de sa carrière – est l’une des preuves de cette reconnaissance tardive.

Après sa retraite, le tennis australien a eu du mal à trouver une relève à sa hauteur. Il faudra attendre 3 décennies pour revoir une australienne soulever un Grand Chelem, à savoir Samantha Stosur à l’US Open. Mais l’héritière d’Evonne Goolagong se trouve peut-être en la personne de Ashleigh Barty, numéro une mondiale et récente gagnante à Wimbledon.

Aujourd’hui Evonne Goolagong compte parmi les légendes du tennis australien, à tel point que certains militent pour qu’un court soit à son nom dans l’enceinte de l’Open d’Australie. Suite à des propos homophobes de Margaret Court, Martina Navratilova et John McEnroe ont souhaité que la Margaret Court Arena soit renommée en hommage à Evonne.

Sources :

https://www.tennisfame.com/hall-of-famers/inductees/evonne-goolagong

https://www.theguardian.com/sport/2020/jan/28/martina-navratilova-takes-fight-on-court-for-name-change-to-evonne-goolagong-arena

https://www.francetvinfo.fr/sports/les-rois-maudits-de-roland-garros_4534653.html

Crédit photo: Wimbledon Youtube

Et si Daniil Medvedev créait la surprise à Roland Garros?

Daniil Medvedev Roland Garros

Réputé peu habile sur terre battue, Daniil Medvedev ne fait pas figure de favori pour soulever la Coupe des Mousquetaires cette année. Mais le joueur russe pourrait défier tous les pronostics en réalisant un parcours inattendu.

Medvedev à la conquête de la terre battue

Ce lundi, Daniil Medvedev a enfin su réparer une anomalie pour un numéro 2 mondial : remporter un premier tour porte d’Auteuil. Après 4 participations au Grand Chelem français, le joueur russe restait sur 4 échecs dès le début du tournoi, dont 3 face à des français.

Cette année, c’est face à Alexander Bublik qui rompt cette mauvaise série. Le joueur kazakh classé 15ème à la race était un adversaire dangereux pour Daniil, qui a su l’écarter en 3 sets et a évité ainsi un match marathon.

Si cette victoire peut paraître anodine pour un joueur de ce standing, elle permet néanmoins au joueur russe de prendre davantage de confiance sur terre battue. Lors des derniers Masters de Madrid et de Rome, il n’avait pas caché sa frustration de jouer sur cette surface. Mais on constate déjà lors de ce premier match de nettes améliorations dans ses déplacements sur le court Philippe Chatrier.

Un tableau dégagé

Maintenant qu’il a débloqué son compteur de victoire à Paris, jusqu’où peut-il aller ? Son statut de numéro 2 mondial lui a permis de figurer dans la seconde partie du tableau, et d’éviter ainsi les deux grands favoris à la victoire finale, à savoir Rafael Nadal et Novak Djokovic.

Ainsi la route lui semble dégagée pour atteindre la deuxième semaine du tournoi, puisqu’il ne rencontrera pas de joueurs classés dans le top 30 avant cette échéance. En huitième de finale, il risque de retrouver Cristian Garin, contre qui il s’était incliné à Madrid.

Le joueur chilien est plus expérimenté que lui sur terre battue – il a notamment remporté le tournoi de Santiago cette année – mais son expérience limitée en Grand Chelem pourrait profiter à Daniil, plus habitué à jouer des matchs importants au meilleur des 3 sets.

Une fois en quarts, notre joueur russe sera obligé d’affronter des gros clients pour atteindre la finale : d’abord Stefanos Tsitsipas, puis Alexander Zverev. Avec sa belle saison sur terre battue, le joueur grec fera office de favori. Mais Medvedev peut compter sur la confiance engrangée lors de ses précédentes confrontations face à Tsitsipas : 6 victoires en 7 matchs, dont la plus récente en 3 sets en demi-finale du dernier Open d’Australie.

Face à Zverev – potentiel adversaire en demi- finale – il ne pourra se reposer sur le même taux de réussite puisque l’allemand mène 5 à 4 dans leurs confrontations sur le circuit. Néanmoins, c’est Medvedev qui a remporté leurs 3 derniers matchs, sa dernière défaite face à Zverev remontant à 2019, et déjà sur terre battue à Monte-Carlo.

Un joueur habitué à monter en puissance

Depuis son premier match sur le circuit ATP en à Nice en 2016, Daniil Medvedev suit une progression constante. S’il n’a pas explosé au plus haut-niveau très jeune – comme l’a fait Alexander Zverev ou comme le fait actuellement Carlos Alcaraz – il est progressivement parvenu à franchir des paliers importants

Ainsi en 2017 il atteint sa première finale de tournoi ATP, en 2018 il remporte son premier tournoi sur le circuit, en 2019 il gagne son premier Masters 1000 et atteint sa première finale en grand Chelem. Enfin cette année, il réussit à se hisser à la place de numéro 2 mondial.

Il a ainsi prouvé sa régularité en remportant un troisième Masters 1000 l’année dernière, et en rejoignant Djokovic en finale de l’Open d’Australie cette année. La prochaine étape de sa carrière est désormais claire : remporter un Grand Chelem. Mais pour cela il devra battre – sauf surprise – Novak Djokovic ou Rafael Nadal en finale.

Battre ces 2 titans du tennis en finale de Grand Chelem semble être hors de portée pour Daniil Medvedev. Mais la confiance qu’il peut engranger lors de ce Roland Garros pourrait profiter au russe et contribuer à sa montée en puissance sur terre battue. De plus, les parcours difficiles de Nadal et Djokovic dans le haut du tableau pourraient rebattre certaines cartes.

Alors certes, un joueur qui vient seulement de gagner son premier match à Roland Garros ne pourrait faire office de favori à la victoire finale. Mais les fans de tennis se souviennent que ce ne serait pas la première fois qu’un tel exploit se produirait : Gustavo Kuerten a remporté Roland Garros alors qu’il n’avait jamais dépassé le premier tour, tout comme Rafael Nadal.

Image Flickr, Carine06

Naomi Osaka remet en question les conférences de presse

conférences de presse tennis Naomi Osaka

Naomi Osaka a annoncé qu’elle ne prendra part aux conférences de presse lors de Roland Garros. Cette décision divise le monde du tennis et remet en question le rôle des médias.

Naomi Osaka refuse les conférences de presse

La joueur japonaise a annoncé sur son compte Twitter qu’elle ne prendra part à aucune conférence de presse d’après match lors de la prochaine édition de Roland Garros. La principale raison invoquée suite à cette décision est qu’elle souhaite préserver sa santé mentale.

Selon elle, les questions des journalistes peuvent fragiliser sa confiance, et mettre ainsi en péril ses futures performances : “Nous sommes souvent assis là et on nous pose des questions auxquelles nous avons déjà répondu plusieurs fois. Ou on doit répondre à des questions qui font entrer le doute dans notre esprit.”

Naomi Osaka écrit également qu’elle acceptera de payer les amendes qu’elle devrait écoper en ne se présentant pas en conférence de presse. Lors des compétitions officielles du circuit, les joueurs ont en effet l’obligation de s’y rendre après leur match, gagné ou perdu. S’ils ne le font pas, ils risquent une amende pouvant s’élever à 20 000 dollars.

Des propos qui divisent le monde du tennis

Selon les dires de l’ancienne numéro une mondiale, les questions d’après-match des journalistes causeraient plus de mal que de bien aux joueurs. Le mental est en effet mis à rude épreuve lors des matchs de tennis, et on peut comprendre que les joueurs ne veulent pas s’imposer de nouvelles contraintes en dehors du terrain.

Mais ces conférences d’après-match font pourtant partie intégrante du système médiatique du tennis. Sans médias ni droits de diffusion, les revenus des parties prenantes du tennis seraient compromis, et les joueurs seraient les premiers à en souffrir.

Naomi Osaka pourrait ainsi se tirer une balle dans le pied – et dans celui des autres joueurs – si elle décide de se passer durablement de cet exercice. Si elle est aujourd’hui la sportive la mieux payée au monde avec 55 millions de dollars de revenu – dont la majorité provient de ses sponsors – c’est en grande partie grâce aux médias.

Un format potentiellement remis en question

Le tennis est le seul sport à imposer ce rituel après les matchs. La fréquence de ces conférences couplée à la redondance des questions des journalistes conduisent à des prises de parole souvent monotones.

Les joueurs sont désormais habitués à cet exercice et savent comment éviter les faux-pas. Les réponses sont de plus en plus standardisées et apportent peu d’éléments solides aux journalistes.

Alors quelle décision prendre ? Outre la suppression des conférences d’après-match, des alternatives sont possibles, comme par exemple une interview d’après-match avec un seul journaliste, où la parole serait plus libérée.

On pourrait également imaginer un meilleur contrôle des journalistes en conférence d’après match. Le cas d’Hubert Hurkacz au dernier Masters de Monte-Carlo soulève quelques questions à propos du travail des médias. Le joueur polonais avait dû se présenter en conférence de presse alors qu’aucune question ne lui avait été posée.

Image Flickr, Bill Walsh

Carlos Alcaraz peut-il assurer la relève du tennis espagnol ?

A tout juste 18 ans, Carlos Alcaraz attire l’attention de tous les observateurs du tennis. Alors qu’il commence à s’imposer sur le circuit, beaucoup voient déjà en lui un potentiel successeur à Rafael Nadal.

Révélé en 2020, confirmé en 2021

Joueur très précoce, Carlos Alcaraz attire l’attention dès 2018 en remportant son premier point au classement ATP à l’aube de ses 15 ans. Depuis, le jeune espagnol suit une progression constante : premier match gagné en Challenger en 2019, premiers titres Futures début 2020, premier match gagné sur le circuit professionnel en février 2020 à l’ATP 500 de Rio, puis premiers titres Challengers lors de la reprise du circuit.

Après avoir reçu le prix de révélation de l’année décerné par l’ATP, il se qualifie en début d’année pour l’Open d’Australie et remporte son premier match en Grand Chelem. Ce mois-ci, il remporte son premier match en Masters et parvient ainsi à se hisser dans le top 100 mondial, dont il est le benjamin.

Cette ascension folle au plus haut-niveau rappelle de bons souvenirs aux espagnols, et fait naître l’espoir d’un successeur digne de ce nom à Rafael Nadal. Car si le tennis masculin ibérique vient de connaître une période glorieuse grâce à sa principale vedette, il n’a cependant pas réussi à faire émerger de nouveaux champions

Nadal a-t-il caché les carences du tennis espagnol ?

Depuis son premier sacre à Roland Garros en 2005, Nadal concentre tous les exploits du tennis espagnol. Pourtant, de nombreux compatriotes de la même génération ont réussi à se faire une place au plus haut niveau : David Ferrer, Feliciano Lopez, Fernando Verdaco, Roberto Bautista-Agut, Tommy Robredo en sont les principaux représentants.

Ces joueurs aujourd’hui trentenaires – certains même retraités – ont tous participé à cette émulation du tennis espagnol. On retrouve ainsi régulièrement plus d’une dizaine d’espagnol dans le top 100 du classement ATP, avec même des pics à 15 joueurs en 2008 et 2015.

Mais malgré une génération riche en talents, peu d’entre eux ont réussi à s’imposer dans les principaux tournois. Outre Nadal, seul David Ferrer a réussi à s’imposer durablement dans le top 10 mondial.

On constate ensuite un certain trou générationnel dans le tennis ibérique, particulièrement entre Rafael Nadal et Carlos Alcaraz. Parmi les joueurs espagnols nés dans les années 90, Pablo Carreño-Busta est le seul à avoir tutoyé les sommets, avec notamment deux demi-finales à l’US Open.

Quelles sont donc les raisons de ce trou d’air ? Certains “accuseront” le Big 3 d’avoir cannibalisé tous les grands titres et d’avoir sacrifié une génération de joueurs. D’autres constateront certains manquements dans la formation espagnol, mais aussi un exil des coachs du pays très prisés par les joueurs d’autres nations.

Une nouvelle génération poussée par la fédération

Le tennis masculin espagnol n’a ainsi pas connu de période creuse depuis presque 30 ans, et la fédération espagnole a pris des mesures ces 5 dernières années pour se maintenir au plus haut niveau.

En reprenant les rênes du tennis espagnol, Miguel Díaz Román a pris des mesures pour soutenir de jeunes joueurs. Les bourses octroyées à ces jeunes athlètes sont ainsi passées de 80 000 euros en 2016 à 525 000 en 2020. Mais il a aussi aidé les tournois locaux, en particulier ceux des échelons inférieurs, à savoir les Futures et les Challengers. En multipliant le nombre de ces tournois en Espagne, cela participe à réduire les frais des joueurs locaux qui ont moins de déplacements à réaliser.

Ces mesures ont ainsi permis l’émergence d’une nouvelle génération qui éclot aujourd’hui au plus haut niveau : Alejandro Davidovich Fokina, Pedro Martínez, Jaume Munar ou encore Carlos Alcaraz.

Ce dernier considéré comme “la lumière pour le tennis de demain” a donc une lourde responsabilité sur ses épaules. Son principal obstacle dans sa carrière sera sûrement les joueurs de la Next Gen plus affûtés et habitués à jouer les membres du Big 3.

Pour progresser, il peut compter sur les services de Juan-Carlos Ferrero comme entraîneur. Mais il devra surtout affronter les plus grands pour entrer dans une nouvelle dimension.

Image, @ATPChallenger

Les éternels numéros 2 mondiaux du tennis

Tommy Haas numéro 2 mondial tennis

Depuis février 2010, le monde du tennis n’avait pas connu un nouveau numéro 2 mondial. 11 après, Daniil Medvedev est le premier joueur de sa génération à monter aussi haut dans la hiérarchie du tennis masculin. Il rejoint ainsi la prestigieuse liste de joueurs n’ayant jamais dépassé la deuxième place du classement ATP. Retour sur la carrière de ces joueurs qui ont tous marqué leur époque.

Guillermo Vilas – Numéro 2 pendant 60 semaines

Celui qui est resté le plus longtemps à la place de numéro 2 sans être numéro 1 mondial ne devrait sans doute pas figurer dans cette liste. C’est le sujet d’un documentaire Netflix – Guillermo Vilas – Un classement contesté – sorti en Octobre dernier, qui revient sur l’enquête menée par le journaliste argentin Eduardo Puppo dès 2007. Après des années de recherche et de calculs, il constate que Guillermo Vilas aurait dû occuper la place de numéro un mondial en 1975 et 1977.

Il est en effet difficile de croire que le joueur argentin ne l’ait pas occupé quand on voit ses résultats en 1977, où il remporte 16 titres sur le circuit dont 2 tournois du Grand Chelem (Roland Garros et US Open). Il parvient également à se hisser en finale de l’Open d’Australie et à signer le record du nombre de matchs gagnés consécutivement (46).

Malgré tout, Jimmy Connors restera devant Guillermo Vilas au classement. La principale raison est liée au rythme de publication des classements ATP, qui n’étaient pas mis à jour de façon hebdomadaire comme aujourd’hui.

Michael Chang – Numéro 2 pendant 49 semaines

C’est un autre vainqueur de Roland Garros qui figure parmi les numéros 2 mondiaux emblématiques. 7 ans après son sacre à la porte d’Auteuil, il atteint son plus haut classement en 1996 suite à une finale de l’US Open perdue face à son compatriote Pete Sampras. En cas de victoire, il aurait pu siéger à la place de numéro un.

Grâce à de bons résultats au début de l’année 1997 – demi-finale à l’Open d’Australie suivie d’une victoire à Indian Wells – il réussit à se maintenir à la seconde place pendant presque un an. Alors qu’il est le mieux classé des demi-finalistes de l’US Open 97, il manque une nouvelle fois la place de numéro un en se faisant éliminé aux portes de la finale par Patrick Rafter.

Michael Stich – Numéro 2 pendant 34 semaines

On retrouve ainsi un autre Michael parmi les “meilleurs” numéros 2 mondiaux. Lui aussi a remporté un titre du Grand Chelem au cours de sa carrière (Wimbledon en 1991), mais ne parviendra à la seconde place qu’en novembre 1993, année où il remportera 6 titres dont 2 Masters 1000.

Si le joueur allemand finit l’année à 683 points du 1er, il sera vite distancé dès le début de l’année suivante où il sera éliminé au premier tour de l’Open d’Australie alors que le numéro un mondial – Pete Sampras – remportera le tournoi. Quelques mois plus tard, après une finale à l’US Open, Michael Stich réussira à redevenir numéro 2 en 1994 pendant 3 semaines.

Ken Rosewall – Numéro 2 pendant 32 semaines

Né en 1934, Ken Rosewall est le doyen des numéros 2 mondiaux. Avec plus de cent titres ATP – dont 8 victoires en Grand Chelem – il fait partie des joueurs de tennis les plus titrés de l’histoire.

Sa carrière de joueur ayant duré 30 ans, il a ainsi connu la transformation du tennis d’un sport amateur à un sport professionnel. En ayant remporté l’Open d’Australie à l’âge de 37 ans, il reste à l’heure actuelle le joueur le plus âgé à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem.

Cette longévité exceptionnelle ne lui a cependant pas permis d’atteindre la place de numéro un mondial. Lors de la sortie du premier classement ATP en 1973, le joueur australien avait déjà 38 ans. Un an plus tard, il réussit à se hisser en finale de Wimbledon et de l’US Open, mais est battu sèchement battu par le numéro un de l’époque, Jimmy Connors.

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Goran Ivanisevic – Numéro 2 pendant 18 semaines

S’il n’a jamais été en tête du classement ATP, Goran Ivanisevic est cependant le numéro 2 mondial le plus “riche”, grâce à ses 19 millions de dollars de gains en carrière.

Le joueur croate se hisse pour la première fois à la place de numéro 2 en 1994 suite à sa seconde finale de Wimbledon. Il refait une courte incursion à cette place en 1997 pendant 3 semaines, mais reste loin derrière Pete Sampras qui dominait le circuit à cette époque.

Il reste le joueur croate le mieux classé de l’histoire, son compatriote Marin Cilic n’ayant pas dépassé le troisième rang mondial.

Petr Korda – Numéro 2 pendant 14 semaines

En remportant l’Open d’Australie en 1998 – son seul titre du Grand Chelem – Petr Korda était tout proche du précieux sésame. Malheureusement pour lui, il a perdu les 4 matchs qui l’auraient sacré numéro un mondial en cas de victoire.

Au tournoi d’Antwerp, il a même été à seulement un set de la place de numéro un face à Karol Kucera. Lors des mois suivants, il échouera donc encore à 3 reprises, notamment face au Chilien Marcelo Rios, qui en profitera pour devenir numéro un à sa place.

Suite à ces opportunités manquées, le joueur tchèque sera suspendu pour dopage la même année après le tournoi de Wimbledon. Après un an de suspension, il ne parviendra pas à relancer sa carrière et à revenir au plus haut-niveau.

Magnus Norman – Numéro 2 pendant 6 semaines

Si Magnus Norman ne s’est maintenu dans le top 10 mondial pendant seulement une année, cela lui aura suffit à occuper pendant un mois et demi la place de numéro 2.

Alors qu’il entre dans le top 15 mondial fin 1999 à l’âge de 24 ans, il enchaîne les performances l’année suivante : demi-finale à l’Open d’Australie, victoire au Masters de Rome et finale à Roland-Garros.

Mais ses blessures ne lui permettent pas de se maintenir au plus haut-niveau, et doit mettre un terme à sa carrière à l’âge de 27 ans.

Tommy Haas – Numéro 2 pendant 6 semaines

Dernier numéro 2 mondial en date jusqu’à Daniil Medvedev cette année, Tommy Haas est le seul de cette liste à ne jamais avoir atteint une finale de Grand Chelem. Il atteint la seconde place mondiale du circuit en mai 2002, après notamment une demi-finale à l’Open d’Australie et une finale au Masters de Rome.

Mais le mois suivant un événement tragique vient perturber son ascension tennistique : ses parents sont victimes d’un lourd accident de la circulation. Avec son père dans le coma pendant plusieurs mois, le joueur allemand s’éloigne des terrains pendant une bonne partie de l’été 2002, et ne jouera aucun match l’année suivante à cause d’une blessure à l’épaule.

Il revient sur le circuit en février 2004 alors qu’il n’est plus classé et parvient à se hisser à la 17e place mondiale en fin d’année.

Arthur Ashe – Numéro 2 pendant 4 semaines

Doyen des numéros 2 mondiaux – et le seul qui a disparu à ce jour – Arthur Ashe fait partie des légendes du tennis. Au même titre que Ken Rosewall, il aurait certainement dû être numéro un mondial, mais les premiers classements ATP sont apparus lors de la fin de sa carrière.

Numéro 2 mondial en 1976, il a cependant été honoré de prestigieuses récompenses. Il a été proclamé numéro un mondial en 1968 par le Daily Telegraph et en 1975 par World Tennis Magazine. Il a également été le premier joueur à recevoir le titre de joueur de l’année décerné par l’ATP.

 

Manuel Orantes – Numéro 2 pendant 3 semaines

Manuel Orantes est tout simplement le premier numéro 2 mondial de l’histoire. C’est lui qui occupe cette place lors de la publication du premier classement ATP le 23 août 1973. Il est derrière Ilie Nastase, récent vainqueur de Roland Garros.

Ce sera la seule fois de sa carrière qu’il occupera cette place, mais y restera 3 semaines, le temps que le classement suivant soit publié. Même s’il ne parvient pas à revenir dans le trio de tête, il réussira de notables performances dans sa carrière : finale à Roland en 74, victoire à l’US Open en 75, et victoire aux Masters en 76.

Alex Corretja – Numéro 2 pendant 2 semaines

Le double-finaliste de Roland-Garros vient clore cette liste de grands noms du tennis. Il fait une courte intrusion dans le top 2 mondial en février 99, alors qu’il avait terminé l’année précédente numéro 3 après une victoire au Masters (il est d’ailleurs le seul espagnol avec Manuel Orantes à avoir remporté ce titre).

Alors que le début de l’année 1999 est très ouvert, Alex Corretja manque plusieurs occasions de se hisser au sommet de la hiérarchie. En mars il laisse son compatriote Carlos Moya devenir le premier espagnol numéro mondial de l’histoire, après une finale à Indian Wells.

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