Naomi Osaka remet en question les conférences de presse

Naomi Osaka a annoncé qu’elle ne prendra part aux conférences de presse lors de Roland Garros. Cette décision divise le monde du tennis et remet en question le rôle des médias.

Naomi Osaka refuse les conférences de presse

La joueur japonaise a annoncé sur son compte Twitter qu’elle ne prendra part à aucune conférence de presse d’après match lors de la prochaine édition de Roland Garros. La principale raison invoquée suite à cette décision est qu’elle souhaite préserver sa santé mentale.

Selon elle, les questions des journalistes peuvent fragiliser sa confiance, et mettre ainsi en péril ses futures performances : “Nous sommes souvent assis là et on nous pose des questions auxquelles nous avons déjà répondu plusieurs fois. Ou on doit répondre à des questions qui font entrer le doute dans notre esprit.”

Naomi Osaka écrit également qu’elle acceptera de payer les amendes qu’elle devrait écoper en ne se présentant pas en conférence de presse. Lors des compétitions officielles du circuit, les joueurs ont en effet l’obligation de s’y rendre après leur match, gagné ou perdu. S’ils ne le font pas, ils risquent une amende pouvant s’élever à 20 000 dollars.

Des propos qui divisent le monde du tennis

Selon les dires de l’ancienne numéro une mondiale, les questions d’après-match des journalistes causeraient plus de mal que de bien aux joueurs. Le mental est en effet mis à rude épreuve lors des matchs de tennis, et on peut comprendre que les joueurs ne veulent pas s’imposer de nouvelles contraintes en dehors du terrain.

Mais ces conférences d’après-match font pourtant partie intégrante du système médiatique du tennis. Sans médias ni droits de diffusion, les revenus des parties prenantes du tennis seraient compromis, et les joueurs seraient les premiers à en souffrir.

Naomi Osaka pourrait ainsi se tirer une balle dans le pied – et dans celui des autres joueurs – si elle décide de se passer durablement de cet exercice. Si elle est aujourd’hui la sportive la mieux payée au monde avec 55 millions de dollars de revenu – dont la majorité provient de ses sponsors – c’est en grande partie grâce aux médias.

Un format potentiellement remis en question

Le tennis est le seul sport à imposer ce rituel après les matchs. La fréquence de ces conférences couplée à la redondance des questions des journalistes conduisent à des prises de parole souvent monotones.

Les joueurs sont désormais habitués à cet exercice et savent comment éviter les faux-pas. Les réponses sont de plus en plus standardisées et apportent peu d’éléments solides aux journalistes.

Alors quelle décision prendre ? Outre la suppression des conférences d’après-match, des alternatives sont possibles, comme par exemple une interview d’après-match avec un seul journaliste, où la parole serait plus libérée.

On pourrait également imaginer un meilleur contrôle des journalistes en conférence d’après match. Le cas d’Hubert Hurkacz au dernier Masters de Monte-Carlo soulève quelques questions à propos du travail des médias. Le joueur polonais avait dû se présenter en conférence de presse alors qu’aucune question ne lui avait été posée.

Image Flickr, Bill Walsh