Evonne Goolagong fête ses 70 ans

Septuple vainqueur en Grand Chelem, Evonne Goolagong fête aujourd’hui ses 70 ans. Si les fans de tennis d’aujourd’hui ne connaissent pas son nom, elle fut pourtant une des premières grandes joueuses de l’ère Open.

Evonne Goolagong, coincée entre 2 générations

La joueuse australienne qui souffle sa soixante-dixième bougie aujourd’hui compte un des palmarès les plus étoffés du tennis moderne. Avec 7 victoires en Grand Chelem – dont 4 à l’Open d’Australie – elle est à la même hauteur de Justine Hénin et de Venus Williams.

Mais sa prestigieuse carrière est quelque peu éclipsée par les joueuses auxquelles elle doit faire face. En effet, lorsque Evonne Goolagong se lance sur le circuit, sa compatriote Margaret Court et l’américaine Billie Jean King dominent alors le circuit féminin.

Elle se fait néanmoins une place en remportant son premier Grand Chelem en France à Roland Garros, dans un tableau relativement ouvert. Elle confirme son entrée dans l’élite du tennis en remportant le mois suivant son premier Wimbledon face à Margaret Court.

Malgré de nombreuses finales en Grand Chelem – elle en dispute 18 au total – elle doit attendre presque 3 ans pour soulever l’Open d’Australie, face à une joueuse de la nouvelle génération : Chris Evert. Cette dernière sera avec Martina Navratilova le plus grand obstacle d’Evonne dans la seconde partie des années 70.

Une joueuse symbole d’un tennis professionnel nouveau

En disputant son premier Open d’Australie en 67, Evonne Goolagong a effectue la quasi-totalité de sa carrière sous l’ère Open. Son jeu était d’ailleurs proche du jeu actuel sur le circuit, à savoir un jeu en fond de court avec peu de service-volée (qui était la norme à l’époque).

Si le tennis était bien professionnel à cette époque, il subsistait cependant quelques zones grises dans son organisation. Evonne Goolagong, ainsi que Jimmy Connors en font les frais lors de Roland Garros 74. Philippe Chatrier, alors président de la Fédération Française de Tennis, décide de les exclure de la compétition car ces joueurs participaient au World Team Tennis.

Ce circuit parallèle garantissait des dotations importantes à ses participants, et était perçu comme une compétition concurrente par certains Grand Chelem. Privée seulement de l’édition de 74, Evonne Goolagong ne retournera cependant pas à la Porte d’Auteuil avant 83, année où elle se retire du circuit.

Une reconnaissance tardive

Face à une rude concurrence pendant toute sa carrière, Evonne Goolagong n’a pas été sous les feux des projecteurs comme l’ont pu l’être ses plus grands adversaires. L’attribution de sa place de numéro une mondiale en 2007 – 24 ans après la fin de sa carrière – est l’une des preuves de cette reconnaissance tardive.

Après sa retraite, le tennis australien a eu du mal à trouver une relève à sa hauteur. Il faudra attendre 3 décennies pour revoir une australienne soulever un Grand Chelem, à savoir Samantha Stosur à l’US Open. Mais l’héritière d’Evonne Goolagong se trouve peut-être en la personne de Ashleigh Barty, numéro une mondiale et récente gagnante à Wimbledon.

Aujourd’hui Evonne Goolagong compte parmi les légendes du tennis australien, à tel point que certains militent pour qu’un court soit à son nom dans l’enceinte de l’Open d’Australie. Suite à des propos homophobes de Margaret Court, Martina Navratilova et John McEnroe ont souhaité que la Margaret Court Arena soit renommée en hommage à Evonne.

Sources :

https://www.tennisfame.com/hall-of-famers/inductees/evonne-goolagong

https://www.theguardian.com/sport/2020/jan/28/martina-navratilova-takes-fight-on-court-for-name-change-to-evonne-goolagong-arena

https://www.francetvinfo.fr/sports/les-rois-maudits-de-roland-garros_4534653.html

Crédit photo: Wimbledon Youtube